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Publié par A.Duforest

Shishmaref, le village qui fond

Shishmaref, petit village d'Alaska, est situé sur l'île de Sarichef, dans la mer des Tchoukteches au nord du détroit de Béring, à 20km du cercle polaire. Construit sur cette étroite bande sableuse de 5km de long et 400m de large, ses habitants, de culture inuite y vivent de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Confrontée à l'isolement, toutes les ressources sont importées du continent à prix fort. Mais le mal qui ronge ce village est l'érosion. Alors que les habitants se souviennent des grandes plages où ils disputaient des parties de baseball jusqu'à la tombée de la nuit, le changement climatique avale le village petit à petit. En effet, avec la hausse des températures, le permafrost se dégèle par endroit et l'île est encore plus vulnérable aux tempêtes et aux fortes marées. Son sol s'écroule, ses maisons sont fragilisées à la merci des événements climatiques.

20 maisons ont déjà été englouties. En 2003, avec l'aide du gouvernement fédéral, un projet de déménagement né. Mais 12 ans plus tard, rien n'a changé. L'île n'est plus protégée par la glace et en quelques années, la mer a englouti l'ancienne digue construite en 1974. Elle a aussi gobé la cour de récréation de l'école, avalé certains bateaux et fracassé les maisons et les entrepôts. Certains habitants espèrent donc "glisser" leurs maisons jusqu'à Tin Creek sur le continent, à 20km de là. Ils sont effrayés par le changement engendré sur l'écosystème qui les oblige à modifier leur méthode et leur lieu de chasse et pêche.

Une étude de l'institut géologique américain montre que 50% des côtes américaines sont susceptibles d'être touchées par l'érosion. Alors que ces 16,4 millions d'américains sont concernés, les Etats-Unis ont du mal à bouger les 600 habitants de Shishmaref. Il faut dire que le projet de déménagement vers l'intérieure de l'île est estimée à 185 millions d'euros.

Mais face aux difficultés financières et techniques, le projet initial de migrer à un autre endroit de l'île a été abandonné. Il a été proposé aux habitants de partir à Nome, grande ville d'Alaska, la plus proche de leur île.

Certains villageois acceptent, d'autres non. Ils veulent préserver leur culture et leur langue qui ont été jusqu'alors été sauvé grâce à l'isolement de leur île. "Nous Voulons rester ensemble. Nous sommes, aux Etats-Unis, l'un des derniers villages de natives ayant gardé notre style de vie, avec notre économie d'autosubsistance et nos traditions. C'est un trésor inestimable. Si l'on doit rejoindre une ville, cette identité disparaitra." C'est pourquoi, ils ont érigé des digues pour protéger leurs habitations. Cependant, certains pensent que face à l'érosion intempestive, continue et qui d'un coup de tempête peut tout balayer : "(je) crois que trop peu sont capables de comprendre qu'il vaut mieux déménager par choix, plutôt que d'y être contraint lors d'une évacuation en urgence".

Quand les forces politiques américaines semblent dépasser par ces problèmes d'érosion et de préservation de territoire, la colère contre "l'homme blanc" monte dans cette partie d'Alaska. Et ce malgré la flopée d'admnistrations qui se penchent sur le projet : le gouvernement d'Alaska, le corps des ingénieurs de l'armée américaines, le National Resource Conservation Service, le Federal Emergency Management Agency, le bureau des affaires indiennes..."

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