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Herlin Magazine - Journal sur l'actualité et le paysage du littoral

Les îles artificielles de Dubaï, la folie des grandeurs

Les îles artificielles de Dubaï, la folie des grandeurs

Alors que 15 milliards de tonnes de sable sont utilisées chaque année sur la planète, les Emirats d'Arabes Unis ont toujours la folie des grandeurs. Le pays veut devenir une destination touristique mondiale.

Dubaï avec ses 3840 km² n'a qu'une courte façade littorale. C'est pourquoi, depuis 2001, le petit Emirat s'est lancé dans un pharaonique projet touristique pour augmenter la superficie de ses côtes, en construisant les plus importantes îles artificielles du monde, les Palms Islands.

Palm Jumeirah, la première des gigantesques îles construites a une forme de palmier. Elle comprend un tronc avec 16 branches et une île en arc de cercle appelé le "croissant". Sur le "tronc" circulent les voitures et le métro automatique qui transporte jusqu'à 3000 personnes à l'heure. Mesurant 5 km de diamètre pour une superficie de 560 hectares, elle peut accueillir jusqu'à 70000 personnes et 1500 yachts dans ces différents ports de plaisance.

Pour construire les Palms Islands, il faut extraire plus de 150 millions de tonnes de sable du fond du golfe persique. Dubaï est entouré par le désert mais le sable de celui-ci est rond, fin et lisse et donc impropre à la construction.

Suscitant l'admiration de tous les architectes et ingénieurs du monde, l'impact environnemental de ces gigantesques constructions n'est pas anodin. La société Nakheel (contrôlé par les Emirats et promotrice du projet !) se veut rassurante : "L'ingenierie et la recherche ont mis au point des innovations mondiales, avec l'objectif constant de fixer de nouvelles normes en matière d'environnement." affirme Shaun Lenehan, directeur de Nakheel pour l'environnement. Ainsi, toutes les eaux usées (l'eau potable venant d'une usine de dessalement) sont recyclées à des fins d'irrigation, le contraire aurait été invraisemblable compte tenu de la rareté de l'eau dans ce pays. Shaun Lenehan affirme même qu'un nouvel écosystème s'est créé autour des grandes digues de Palm Jumeirah : uns cinquantaine d'espèces de poissons, douze types de coraux, requins, dauphins, raies etc... Cependant, les écologistes s'interrogent sur les espèces indigènes de cette partie du golfe Persique et qui pourrait être détruites par l'introduction de nouvelles espèces.

De plus, les dragages intempestifs de sable entraînent un fort troublement de l'eau de mer. Ce phénomène existe depuis une cinquantaine d'années dans cette région maritime mais est d'autant plus accru. Couplé à une augmentation de température et de salinité du golfe, on estime une perte d'habitat de 35%, notamment de coraux entraînant une perte de la biodiversité marine. Enfin, depuis peu, les scientifiques ont découvert que Palm Jumeirah s'enfoncerait de 0,5 cm par an. L'île risquerait donc d'être submergée dans le futur avec la montée des océans. Ceci explique peut être l'abandon du projet de construction The World, ensemble de 250 à 300 petites îles artificielles de 2 à 8 ha représentant une planisphère.

Les îles artificielles de Dubaï, la folie des grandeurs
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